L’économiste de l’Institut du développement durable, Philippe Defeyt, pointe dans un nouveau rapport la valeur réelle des primes énergies, et met en lumière l’écart grandissant entre le tarif social et le tarif commercial.
Le gouvernement a décidé en septembre de prolonger les mesures existantes, puis d’ajouter des primes énergies qui couvriront les mois d’hiver. Il est ainsi question de 61 euros par mois pour l’électricité et de 135 euros par mois pour le gaz, et ce, pour une durée de 5 mois.
Mais entre-temps, sur base des contrats signés en octobre, le prix de la facture annuelle a augmenté. Ce qui fait « que l’augmentation du forfait est loin de couvrir l’augmentation des prix », écrit Philippe Defeyt. Les aides couvrent en fait 16% de la facture.

Il s’agit bien sûr d’une moyenne. Pour les petits consommateurs isolés (hypothèses : 1.500 kWh pour l’électricité et 10.000 kWh pour le gaz), les aides peuvent couvrir jusqu’à 30% de la facture.
Reste à voir comment les prix évolueront pour la fin 2022 et 2023. On sait que la récente baisse des prix n’aura pas d’impact à court terme, la plupart des factures actuelles se basant sur les prix du trimestre précédent. Il faudra attendre début 2023 dans la plupart des cas, si les prix n’augmentent pas d’ici là.
En l’état, sur base des aides et des prix à ce jour, Philippe Defeyt estime que « l’aide totale devrait être, pour un consommateur standard, de l’ordre de 10% des factures, pour l’électricité comme pour le gaz, et de l’ordre de 20% pour un petit consommateur« , en 2022 et 2023.
Tout le monde ne bénéficie pas des aides
Le tarif social est appliqué à un peu moins de 1 million de ménages. Mais pour ceux dont les revenus dépassent légèrement le seuil d’éligibilité, l’addition est lourde : 126 euros par mois, en moyenne. En fait, l’écart entre le tarif social et le tarif commercial s’agrandit, même avec les primes énergies sur 5 mois.
Et puis, certains clients ne bénéficient pas des primes énergies. Il s’agit de ceux qui ont signé un contrat fixe avant le 1er octobre 2021. Au total, 21% des consommateurs belges ne bénéficient ni du tarif social, ni des aides énergies.
