Le « grand dialogue national » autour de l’élimination des déchets nucléaires anciens sera lancé au début de l’année prochaine. C’est ce que confirme la Fondation Roi Baudouin, qui organisera le débat public en 2023 à la demande de l’ONDRAF, l’organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies.
Quoi? : Il s’agit d’une consultation des experts et de la population en général sur l’élimination des déchets nucléaires, parfois appelée « le chantier du siècle ».
- Le consensus – et l’avis de l’ONDRAF lui-même – est qu’un dépôt en profondeur est le meilleur choix pour gérer les déchets radioactifs après la fermeture des centrales nucléaires. La semaine dernière encore, un expert a suggéré le scénario alternatif d’un dépôt en surface.
- Il reste des questions à résoudre, telles que : où exactement sur le territoire belge et à quelle profondeur ? Et la Belgique coopérera-t-elle avec les Pays-Bas ?
- En 2009, la Fondation Roi Baudouin a également organisé un forum de citoyens sur les déchets nucléaires.
Quand ? Il était initialement prévu de lancer le forum des citoyens cet automne, mais le débat ne commencera finalement que début 2023 et durera environ 1 an, a confirmé un porte-parole de la Fondation Roi Baudouin à Business AM.
Pourquoi ? « La gestion des déchets hautement radioactifs nous concerne tous. La décision d’élimination appartient à tous les Belges et pas seulement à moi en tant que ministre ou à ce gouvernement », a déclaré en avril la ministre fédérale de l’Energie, Tinne Van der Straeten (Groen). « Il est donc normal que les Belges soient entendus et aient leur mot à dire dans les décisions. Les décisions que nous prenons concernant ces déchets affectent des centaines de générations futures. »
Comment ? Le grand dialogue national sera organisé avec des panels représentatifs, une technique que l’auteur David Van Reybrouck expérimente depuis des années. Le plateforme G1000 en est l’exemple le plus connu.
La Fondation Roi Baudouin est chargée de la note de départ et de la stimulation du dialogue social par le biais d’ateliers, de conférences de citoyens et d’enquêtes en ligne. Après un an, l’ensemble du processus devrait aboutir à un rapport final avec des conclusions et des recommandations.
Quel intérêt politique ? L’enquête citoyenne est lancée juste au moment où des discussions difficiles sont en cours entre le gouvernement fédéral et le géant français de l’énergie Engie, l’exploitant des centrales nucléaires de Doel et de Tihange. Ils doivent décider combien de centrales nucléaires seront fermées dans les années à venir, et quelle partie supportera les coûts de la fermeture et de l’élimination des déchets radioactifs.
(CP)