Le GOP a un problème avec Trump, écrivions-nous mercredi dans une première réaction au résultat des élections de mi-mandat aux États-Unis. Ce problème ne fera que s’accentuer au cours des prochains jours. L’ancien président annoncera en grande pompe ce mardi sa candidature à la présidence en 2024. Mais pendant ce temps, sous la direction de Trump, le GOP a perdu pas moins de quatre élections d’affilée.
La « vague rouge » annoncée s’avère n’être guère plus que quelques remous dans l’eau. Non seulement le Sénat reste aux mains des démocrates, mais le nombre de sièges repris par les républicains à la Chambre des représentants reste très inférieur aux attentes. Beaucoup pointent maintenant du doigt l’ex-président Trump pour une nouvelle débâcle électorale.
L’essentiel
- Les démocrates ont obtenu la majorité au Sénat samedi.
- La Chambre des représentants devrait passer aux mains des républicains, mais avec une majorité minimale (218 à 222 sièges sur 435).
- Tous les membres, à une exception, d’une coalition de 17 candidats républicains soutenus par Trump qui ont continué à promouvoir le « Big Lie » ont perdu.
Trump a maintenant perdu les élections de 2018, 2020 et 2022. Toujours en 2021, les républicains ont perdu un siège au Sénat dans l’État de Géorgie après que Trump a saboté cette élection parce qu’il a reproché à la direction du GOP de ne pas contester les résultats des élections de 2020.
L’essentiel
- Trump est Monsieur 40%, ce qui signifie que 40% des Américains – des partisans MAGA extrêmement fidèles – semblent prêts à sauter dans le ravin avec lui s’il les devance. Mais 40%, ça ne permet jamais de gagner des élections dans un système à deux partis.
Histoire récente
Les Américains reviennent toujours au centre :
- Après Bush Sr. (R) -> Clinton (D)
- Après Clinton (D) -> Bush Jr. (R)
- Après Bush Jr. (R) -> Obama (D)
- Après Obama (D) – Trump (R)
- Après Trump (R) -> Biden (D)
Aujourd’hui
- Au cours des décennies passées, les indépendants, lors des élections de mi-mandat, ont toujours choisi, dans leur grande majorité, le parti qui n’était pas au pouvoir (à l’exception du président en guerre Bush Jr. en 2002).
- Plus maintenant, car la « majorité silencieuse » des indépendants dans les swing states a massivement choisi des candidats démocrates modérés plutôt que des républicains extrémistes soutenus par Trump.
L’avenir
- Le parti est maintenant confronté à un autre choix déchirant : laisser les 40% de Trump pour ce qu’ils sont et construire un nouveau projet conservateur crédible et constructif (‘Trump with brains’ DeSantis/ Youngkin) ou risquer une nouvelle défaite en 2024 parce que l’ancien président veut redevenir président à tout prix.
- Le fait que le GOP ait manqué une occasion en or de se débarrasser de Trump après l’attaque du 6 janvier 2021 contre le Capitole lui vaut aujourd’hui une césure radicale. Une nouvelle candidature de Trump ne garantit que plus de polarisation, plus d’hostilité et en aucun cas une garantie de succès.
- Les chances de reconquérir la présidence ont rarement été aussi bonnes. L’année 2024 est encore loin, mais la faible popularité de Joe Biden et l’absence d’une alternative solide au sein du de la Democratic National Convention inquiètent déjà de nombreux démocrates.
- Si le GOP ne prend pas clairement une nouvelle direction, il risque de devoir s’habituer à Trump comme un boulet à son pied pendant deux années supplémentaires. ‘Nous allons tellement gagner que nous en aurons assez’, promettait Trump en 2016. Tout indique que le GOP est fatigué de perdre.
MB