Les élections de mi-mandat aux États-Unis pourraient donner lieu à un séisme politique cette semaine. La question semble être moins de savoir s’il y aura une vague républicaine que de savoir quelle sera son ampleur. Les marchés financiers retiennent également leur souffle, car si les démocrates du président Joe Biden perdent la main, la Maison Blanche perdra tout pouvoir de décision en matière de politique économique.
L’enjeu de l’élection du 8 novembre est important. Doivent être élus :
- L’ensemble des 435 membres de la Chambre des représentants
- 35 sénateurs sur 100
- 36 gouverneurs
Actuellement, les démocrates contrôlent à la fois la Chambre et le Sénat. Deux questions se posent donc du point de vue des marchés boursiers :
- À court terme : le président (démocrate) Biden obtiendra-t-il le soutien du Congrès pour lancer de nouveaux plans de relance ou de lutte contre le changement climatique ? Ou aurons-nous deux ans d’impasse entre démocrates et républicains ?
- A moyen terme : le résultat annonce-t-il un retour de l’ex-président Trump et une domination totale des Républicains à partir de fin 2024 ?
Le scénario le moins probable : que les démocrates conservent le contrôle
Une élection dans laquelle les démocrates conserveraient leur actuel contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat serait le scénario le plus simple, mais aussi de loin le moins probable selon toutes les prévisions.
Sur le plan économique, cela donnerait à l’administration Biden la possibilité d’élaborer de nouveaux plans de relance et de lutte contre le changement climatique. « Avec les craintes croissantes d’une récession, ce serait le résultat le plus probable déclenchant une réponse budgétaire, vraisemblablement sous la forme d’un soutien aux dépenses des ménages touchés, par exemple la réintroduction des allocations de chômage fédérales », écrivent les économistes d’ING dans une note.
Les mesures de relance budgétaire pourraient bien maintenir l’inflation à un niveau élevé, ce qui pourrait obliger la Réserve fédérale – la banque centrale américaine – à intervenir fortement en relevant radicalement les taux d’intérêt.
Les républicains remportent la Chambre des représentants, mais les démocrates conservent le contrôle du Sénat
À en juger par les sondages, il est très probable que les républicains reprennent le pouvoir à la Chambre des représentants. La principale conséquence pour la politique économique serait donc que le président Biden serait alors incapable de prendre des décisions majeures en matière d’impôts et de plans de relance, car il aurait besoin du soutien de l’ensemble du Congrès pour le faire. Toutefois Biden serait toujours en mesure de mener des politiques sur les relations commerciales, en s’intéressant particulièrement aux relations avec la Chine.
« Les investisseurs pourraient se réjouir de ce scénario, car il est susceptible d’entraver les chances des démocrates de faire passer certains des éléments les moins favorables aux entreprises de leur programme, dans des domaines tels que l’impôt sur les sociétés, le prix des médicaments et la réglementation », écrit le groupe de réflexion Oxford Economics.
Si l’économie américaine a besoin d’un stimulus dans un an environ, une fois que l’inflation se sera calmée, ce n’est peut-être pas Biden qui le fera. Il appartiendrait alors à la Fed de stimuler l’économie par des baisses de taux d’intérêt.
Le scénario favorable à Trump : les républicains remportent la Chambre et le Sénat
Il semble que la bataille pour le Sénat sera âpre. Si les républicains la gagnent également, contrôlant ainsi les deux branches du Congrès, nous aurons une rupture totale avec le président Joe Biden, qui verra ainsi sa marge de manœuvre en matière de politique fortement réduite.
L’histoire montre que les marchés financiers n’apprécient pas une telle impasse, car il y a alors une brève pause politique, sans réforme économique.
Un « rallye Trump » n’est pas non plus à exclure sur les marchés boursiers. En effet, à moyen terme, ce résultat déroule le tapis rouge pour un retour de l’ex-président Trump, avec de plus grandes chances de réductions d’impôts, de politiques favorables aux entreprises et peut-être un arrêt ou même un revirement de la politique climatique.
MB