Les chiffres de la Banque nationale de Belgique (BNB) montrent que nous avons vu près de 54 milliards d’euros de nos actifs financiers partir en fumée au deuxième trimestre de cette année. Il s’agit de la perte la plus importante depuis le premier trimestre de 2020, date du début de la crise sanitaire. En conséquence, nos actifs ont diminué de quelque 89 milliards d’euros au cours du premier semestre de l’année.
2022 est en passe de devenir une année catastrophe pour le monde financier. Depuis le début de l’année, les marchés boursiers ont accumulé les pertes et les prix des obligations se sont effondrés en raison de la hausse des taux d’intérêt. Une étude de la BNB montre maintenant que cela a également des conséquences importantes pour nos actifs financiers. Nous nous sommes tous appauvris de 53,3 milliards d’euros au cours du deuxième trimestre de cette année.
Si l’on ajoute à cela la moins-value du premier trimestre, on arrive à une baisse de quelque 89 milliards d’euros. En conséquence, le total des actifs s’est établi à 1.146 milliards d’euros à la fin du premier semestre de l’année.
Actions, produits d’assurance et fonds d’investissement en forte baisse
- Faisons d’abord la lumière sur la détention d’actions. Leur valeur a diminué de 12,7 milliards d’euros au deuxième trimestre.
- À son tour, la hausse des taux d’intérêt a été préjudiciable aux produits d’assurance. La valeur de ces produits a diminué de 23,8 milliards d’euros. « En effet, la courbe des taux est un facteur important dans l’évaluation des provisions techniques des assurances-vie et des droits à la pension », note la BNB.
- La perte la plus importante a concerné les fonds communs de placement. Ces derniers ont vu s’évaporer un montant net de 24,2 milliards d’euros. Ces fonds investissent à la fois dans des actions et des obligations. Ils ont donc reçu des coups à plusieurs reprises.
- Pourquoi la hausse des taux d’intérêt est-elle pernicieuse pour les obligations ? Les investisseurs veulent payer moins cher la dette sur le marché secondaire, car ils obtiennent des taux d’intérêt plus élevés sur les obligations nouvellement émises. Cela entraîne une baisse du prix des obligations plus anciennes.
- Tous investissements confondus, le capital des portefeuilles d’investissement belges a diminué de 59 milliards d’euros.
Pauvreté nette de 53 milliards d’euros au deuxième trimestre
Pourquoi la baisse des actifs financiers nets (53,3 milliards d’euros) est-elle plus faible que celle des portefeuilles d’investissement ?
- C’est parce que nous avons également épargné ou investi au cours du deuxième trimestre. Par exemple, nous avons investi 5,4 milliards d’euros dans des fonds communs de placement. Nous avons aussi placé 4,5 milliards d’euros sur des comptes courants et 3,6 milliards d’euros sur d’autres comptes. L’afflux total de capitaux, y compris les actions et autres actifs, s’élève à 11,5 milliards d’euros.
- Pour cela, il faut tenir compte des dettes. Celles-ci ont augmenté de 5,4 milliards d’euros pour atteindre un encours de 332,5 milliards d’euros au 30 juin 2022. En particulier, nous avons contracté davantage de prêts hypothécaires. La BNB a enregistré une augmentation de 3,7 milliards d’euros.
- En conséquence, le solde des opérations financières (investissements/épargne – dettes) s’élève à 6,1 milliards d’euros. Nous pouvons ajouter ce montant à la perte de valeur du portefeuille d’investissement, qui a réduit les actifs financiers nets de 53,3 milliards d’euros au deuxième trimestre.
(CP)