La banque suisse Credit Suisse, en proie à de grandes difficultés, annonce qu’elle est parvenue à un accord dans une affaire judiciaire française. Le Credit Suisse aurait illégalement persuadé de riches clients français (et des clients potentiels) d’ouvrir des comptes bancaires en Suisse. Entretemps, l’établissement de crédit suisse est sur la voie d’une réorganisation tant attendue ; l’annonce du plan jeudi prochain est dûment notée dans l’agenda des investisseurs d’opinion.
Jeudi, le Credit Suisse annoncera son plan de réorganisation tant attendu, dirigé par le haut dirigeant Ulrich Körner. La feuille de route devrait rassurer les marchés financiers – le cours de l’action de la puissante institution financière suisse est sous pression depuis un certain temps en raison de plusieurs scandales et d’opérations ratées.
Les faits
- Le Credit Suisse a été accusé par les autorités françaises d’encourager les riches Français à ouvrir des comptes bancaires en Suisse entre 2005 et 2012 ; Les rendant hors de portée des autorités fiscales de Paris.
- L’enquête a notamment porté sur la manière dont le prêteur s’est assuré la fidélité de 4.999 Français qui, ensemble, géraient des actifs pour un montant total de 2 milliards d’euros. Le Credit Suisse aurait réalisé 65 millions d’euros de bénéfices auprès de ces clients, selon le Financial Times.
- Le juge français chargé de superviser le règlement a noté que les employés de la banque suisse ont tenu des réunions avec les clients potentiels « très discrètement, dans des hôtels, des restaurants et jamais dans des locaux officiels ».
- Au total, le Credit Suisse doit 238 millions d’euros à l’État français.
Le contexte
- Le géant bancaire voulait régler cette affaire avant l’annonce de ses plans de réorganisation, ont déclaré au Financial Times des personnes connaissant bien le dossier. « Nous essayons de réduire le nombre de poursuites judiciaires », a déclaré une personne proche du Credit Suisse au journal économique britannique.
- La réforme organisationnelle imminente est une tentative de mettre sous contrôle plusieurs divisions de la banque et de tirer un trait sur la série de scandales qui ont coûté des milliards de francs suisses à l’établissement de crédit.
- L’un de ces scandales avait pour protagoniste un prétendu trafiquant de drogue bulgare. Le Credit Suisse aurait permis au Bulgare de blanchir des millions d’euros.
- Et à la fin du mois dernier, la santé financière du Credit Suisse a suscité de grandes inquiétudes. L’accent avait été mis sur l’augmentation de la valeur des contrats de « credit default swap« (CDS) aux dépens de l’entreprise bancaire. Certains investisseurs ont même établi des comparaisons avec Lehman Brothers, une société de services financiers américaine qui a fait faillite en 2008. Cet événement a marqué le début de la crise financière.
(JM)