La vigueur du dollar a contraint de nombreuses autres devises à céder du terrain cette année. Ce sont celles des pays en développement qui sont le plus fortement touchées.
En raison de la situation incertaine dans de nombreux pays, notamment la crise énergétique en Europe et la politique zéro-covid en Chine, et des fortes hausses de taux d’intérêt de la Réserve fédérale, de nombreux investisseurs continuent de considérer le billet vert comme une valeur refuge.
Les faits : depuis le début de l’année, le dollar américain a le vent en poupe. Il y a deux explications principales à cela.
- Tout d’abord, il y a les hausses de taux d’intérêt de la Réserve fédérale. Ainsi, il est plus lucratif pour les investisseurs d’acheter des obligations du gouvernement américain, par exemple, ce qui augmente la demande de dollars. Le billet vert gagne ainsi du terrain par rapport aux autres devises.
- Pour de nombreux investisseurs, le dollar reste une valeur refuge. D’autant plus que le reste du monde est confronté à toutes sortes de crises, de la crise énergétique à la guerre d’Ukraine en Europe en passant par la politique zéro-covid en Chine.
L’essentiel : un billet vert fort a des conséquences désastreuses sur les autres monnaies. Celles-ci perdent de la valeur par rapport à l’une des devises les plus dominantes du monde.
- Les grands producteurs de pétrole et les pays dont les banques centrales ont fortement augmenté les taux d’intérêt sont mieux armées contre le dollar.
- Dans l’Union européenne, par exemple, la Banque centrale européenne (BCE), à la suite de la Réserve fédérale, a déjà relevé les taux d’intérêt à plusieurs reprises. Les banques doivent désormais payer un taux de dépôt de 1,5% lorsqu’elles déposent de l’argent auprès des banques centrales nationales. Avant les vacances d’été, elles devaient encore payer un taux d’intérêt punitif de -0,5%.
- Néanmoins, l’euro a perdu de sa valeur par rapport au dollar cette année. Le taux de change de l’euro est passé de 1,14 dollar le 1er janvier à 1,03 dollar aujourd’hui. La monnaie européenne était même passée sous la parité avec le billet vert pendant plusieurs semaines.

Le détail : la perte de change de l’euro n’est finalement pas trop mauvaise par rapport aux monnaies nationales des pays en développement. Le site d’information américain CNBC dresse la liste de certaines devises qui ont déjà connu une forte baisse cette année.
- Pour 1 dollar aujourd’hui, vous obtenez 14,51 cédis ghanéens. C’est beaucoup plus qu’au début de cette année. À l’époque, 1 dollar valait 6,15 cédis ghanéens. Le taux de change du dollar a donc plus que doublé par rapport à cette monnaie. Comme le reste du monde, le Ghana est confronté à une inflation galopante (40 %). En outre, le gouvernement est assis sur une gigantesque montagne de dettes. Cette situation est si importante que le pays a demandé l’aide du Fonds monétaire international (FMI).
- Le taux de change du peso cubain par rapport au dollar a chuté de quelque 55% depuis le début de l’année 2022. Pour 1 dollar, vous obtenez 24 pesos cubains aujourd’hui.
- Le dollar zimbabwéen a fait encore pire. La valeur en dollars de cette monnaie a déjà chuté de plus de 260 % cette année selon les données de l’agence de statistiques zimbabwéenne ZimStat. Le pays est d’ailleurs connu pour avoir établi le record de l’inflation.
- Enfin, il y a la livre égyptienne. Le taux de change de cette monnaie par rapport au billet vert a atteint son point le plus bas. 1 dollar vaut 24,41 livres égyptiennes. Au début de cette année, il valait environ 15,7 livres. L’agence de notation américaine Fitch Ratings a récemment abaissé sa perspective de crédit pour le pays à « négative », en raison de la détérioration de la position de liquidité externe et du risque d’un accès réduit au marché obligataire.
(CP)