Un patient est décédé lors de ses tests neurologiques, et les chercheurs ont pu enregistrer l’activité cérébrale lors du décès. Pendant 30 secondes avant et après le décès, le cerveau agit de la même manière que lorsqu’on rêve ou qu’on médite.
C’est ce qui s’appelle un coup de chance. Pour la science, en tout cas. Un patient épileptique, âgé de 87 ans, était sous surveillance de chercheurs de l’université de Louisville. Via électroencéphalographie (enregistrement de l’activité électrique du cerveau), ils observaient l’activité de son cerveau et de ses neurones. Soudain, il eut une crise cardiaque, et est décédé. Ainsi, les capteurs ont pu enregistrer les 15 minutes de son activité cérébrale autour du moment du décès.
Les 30 secondes avant et après le décès notamment étaient les plus intéressantes, notent les chercheurs dans une étude revue par des pairs publiée fin février dans la revue scientifique open source Frontiers. Dans ce laps de temps, ils ont constaté une « activité accrue des ondes cérébrales« , ou ondes gamma. En d’autres mots, c’est une activité d’ondes qui s’observe habituellement lorsqu’on médite, qu’on est sujet à des flashbacks, ou lorsqu’on rêve.
« Voir le vie défiler devant ses yeux »
Cette découverte conforte alors quelque peu les dires des personnes qui ont vécu des expériences de mort imminente, et qui ont vu « leur vie défiler devant leurs yeux ». Mais les chercheurs vont plus loin : cette découverte permet notamment de mieux planifier le bon moment pour un don d’organe par exemple, car l’activité du cerveau « continue » un temps, même s’il n’est plus alimenté de sang. Les chercheurs pensent même qu’on pourrait alors mieux anticiper la mort.
De telles expériences avaient déjà été menées sur des rats, et ont conduit à des résultats similaires. Mais cette découverte-ci comprend encore quelques limites : il s’agit d’une expérience unique, et le patient était malade, notent les scientifiques : la prudence lors de l’interprétation des résultats s’impose donc.